Colloques et journées d'études

La lune au XVIIe siècle

Colloque international – 28, 29 et 30 mai 2009

Organisé à l’occasion de l’Année Mondiale de l’Astronomie et à l’initiative du réseau « Penser le Ciel » par le Centre d’étude "État, Société et Religion en Europe, Moyen Âge – Temps modernes" de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Accueil par le Centre de recherche et la Bibliothèque municipale de Versailles.

Entre le programme d’observations lunaires défini par Kepler dans la partie Optique de l’Astronomie véritable (1604), les premières images de la lune observée à la lunette par Galilée, publiées dans le Messager des étoiles en 1610, et les Entretiens sur la pluralité des mondes (1686) où Fontenelle estime donc la Lune aussi familière que Paris, les connaissances ont été bouleversées. L’idée que la Lune puisse être semblable à la Terre, formulée déjà dans l’antiquité par les Pythagoriciens, Héraclide et Plutarque, s’est imposée avec force avec la découverte des ses reliefs, observés déjà par William Gilbert, Maestlin, Kepler ou Thomas Harriot, avant que Galilée ne publie ses interprétations, suscitant un débat entre les tenants de la tradition qui continuaient de l’imaginer lisse et polie, et les partisans de Copernic qui y trouvèrent la confirmation du bien-fondé de son système. Les progrès exceptionnels de l’astronomie au XVIIe siècle durent beaucoup à l’étude de la Lune. Galilée, dans le Messager des étoiles, aborda toute une série de problèmes relatifs aux inégalités du relief, à la nature de la lumière lunaire et de la lumière cendrée, à l’atmosphère lunaire, sur lesquels il devait revenir et qui retinrent l’attention de la communauté savante dans l’Europe entière. La distance de la Lune à la Terre, la taille de la Lune, les irrégularités de ses mouvements, ses librations furent étudiées en détail. L’attraction de la Terre et de la Lune joua un rôle déterminant dans la genèse de la pensée de Newton qui, dans ses Principia (1687) explique les marées par l’attraction lunaire et la mécanique céleste par la gravitation universelle. La Lune fut aussi cartographiée : en 1645 par Langrenus, le cosmographe de Philippe IV, par Helvétius qui publia le premier atlas lunaire en 1647 (Selenographia sive Lunae descriptio), par le père Riccioli, jésuite, qui eut l’idée d’attribuer des noms d’astronomes aux reliefs représentés (1651) et par Jean-Dominique Cassini qui, en 1679, publia la carte réalisée par l’Observatoire de Paris. Exemplaires, les recherches sur la Lune intéressent la mécanique céleste et la cosmologie, mais aussi l’optique, l’étude de la lumière, la physique, la géométrie et les mathématiques. Elles concernent au premier chef les instruments et les observations. Elles posent, en outre, des problèmes inédits qui nécessitent des modes de raisonnement particuliers pour appréhender l’inconnu, comme les comparaisons, les analogies et les fictions. Le Songe ou Astronomie lunaire, de Kepler, publié en 1634, est un ouvrage fondé sur des données scientifiques qui entend fonder une géographie et une astronomie lunaires. Les voyages imaginaires, fictions philosophiques qui se font l’écho des découvertes — L’Homme dans la Lune de Godwin (1638), Le Monde de la Lune de Wilkins (1638), entre autres — ainsi que les spéculations sur les mondes habités, relèvent d’un imaginaire scientifique qui, s’il n’a pas toujours participé à la construction d’un savoir, a du moins beaucoup contribué à faire connaître les découvertes. Ont été également abordés, lors de ce colloque, les prolongements, au XVIIIe siècle, des recherches générées notamment par la mécanique newtonienne.

Actes parus sous le titre « La lune aux XVIIe et XVIIIe siècles », sous la dir. de Chantal Grell aux Éditions Brepols.

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