Recherche et formation

Cours princières, palais républicains et lieux de pouvoir sous l’œil de la télévision

Colloque international – 17 et 18 septembre 2009

Organisé par le Centre d’his­toire cultu­relle des socié­tés contem­po­rai­nes de l’uni­ver­sité de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, le Centre de recher­che et l’Institut National de l’Audiovisuel à l’école natio­nale supé­rieure d’archi­tec­ture de Versailles.

Des télé­films et séries his­to­ri­ques aux repor­ta­ges des jour­naux et maga­zi­nes télé­vi­sés, des docu­men­tai­res savants aux émissions de diver­tis­se­ment, les lieux d’exer­cice du pou­voir cen­tral, pas­sés et pré­sents, monar­chi­ques, prin­ciers ou répu­bli­cains, ont, à tra­vers le monde, tou­jours nourri les pro­gram­mes de télé­vi­sion. Les cours prin­ciè­res, les palais répu­bli­cains, les rési­den­ces gou­ver­ne­men­ta­les d’hier et d’aujourd’hui, ce qui s’y vit, ce qui s’y dit, ce qui s’y trame sont source d’un ima­gi­naire qui fas­cine les médias et leur public, et qu’a contri­bué à entre­te­nir et renou­ve­ler la télé­vi­sion depuis ses ori­gi­nes.
Si les repré­sen­ta­tions des cours au cinéma a pu sus­ci­ter l’inté­rêt des his­to­riens, si la vie des « grands de ce monde » est désor­mais un thème de recher­che (vie mon­daine, « peo­po­li­sa­tion »), si, bien sûr, les ima­ges du pou­voir cons­ti­tuent main­te­nant un champ de recher­che actif, aucune étude d’ampleur, a for­tiori dans une pers­pec­tive de com­pa­rai­son, n’a été conduite à par­tir des archi­ves de télé­vi­sion. Pourtant, compte tenu de son influence, de la diver­sité de ses gen­res, de la variété des publics, le petit écran cons­ti­tue un outil riche et pré­cieux pour sai­sir les condi­tions et les for­mes de cons­truc­tion et de trans­mis­sion de l’ima­gi­naire his­to­ri­que sur les lieux de pou­voir du passé et ses réso­nan­ces sur les socié­tés contem­po­rai­nes, pour com­pren­dre aussi le rap­port col­lec­tif au pou­voir lors­que les cours prin­ciè­res et les palais répu­bli­cains jaillis­sent en pleine actua­lité. Au tra­vers de la télé­vi­sion et de l’angle d’obser­va­tion choisi ici, qui mêle déli­bé­ré­ment la fic­tion et le réel, le regard sur soi et le regard sur l’autre (nos pro­pres lieux de pou­voir et notre pro­pre passé, mais aussi ceux de nos voi­sins, pro­ches ou loin­tains), le col­lo­que invite à s’inter­ro­ger sur la per­cep­tion com­mune du pou­voir, ses méca­nis­mes et sa charge sym­bo­li­que, sur la vul­ga­ri­sa­tion scien­ti­fi­que par un média audio­vi­suel de masse et la vision popu­laire de l’his­toire, sur la force et la péren­nité des repré­sen­ta­tions comme ter­reau des iden­ti­tés natio­na­les. S’agis­sant de la fic­tion, aucune période de l’his­toire ne sera négli­gée, de la plus haute Antiquité jusqu’à nos jours. S’agis­sant de l’infor­ma­tion, on consi­dé­rera toute l’his­toire de la télé­vi­sion. Aucune forme d’expres­sion télé­vi­suelle (fic­tion ou infor­ma­tion) ne sera reje­tée, dès lors que son étude contri­buera à éclairer les repré­sen­ta­tions des lieux de pou­voir et leur signi­fi­ca­tion sociale. Parmi d’autres : télé­films et « dra­ma­ti­ques », séries et « feuille­tons » (adap­ta­tions d’œuvres lit­té­rai­res ou scé­na­rios ori­gi­naux), docu­dra­mas et docu­fic­tions, séquen­ces de fic­tions les plus diver­ses, docu­men­tai­res, repor­ta­ges et inter­views (jour­naux télé­vi­sés et maga­zi­nes), émissions d’his­toire, émissions cultu­rel­les, émissions de diver­tis­se­ment, etc. On obser­vera, cer­tes les hom­mes et les fem­mes mis en scène dans les espa­ces consi­dé­rés, mais on atta­chera une impor­tance par­ti­cu­lière à la repré­sen­ta­tion des lieux eux-mêmes, des décors, des sym­bo­les, des cos­tu­mes, des usa­ges, des ges­tes, des lan­ga­ges, des dis­cours, etc. Si l’image mais aussi les dia­lo­gues ou les com­men­tai­res cons­ti­tuent des maté­riaux d’ana­lyse pre­miers, on ne négli­gera pas les éléments du son des­ti­nés à habiller les docu­ments (sou­tien sonore, musi­que du géné­ri­que, séquence musi­cale dans le film, etc.). La ren­contre per­met­tra aussi de mieux appré­hen­der les condi­tions de pro­duc­tion, de réa­li­sa­tion et de récep­tion des films télé­vi­sés et autres émissions étudiées. Le col­lo­que doit contri­buer à défi­nir les contours d’une recher­che com­pa­rée à l’échelle natio­nale. Elle sera conduite à par­tir des cas natio­naux, euro­péens ou extra-euro­péens ou, mieux, au tra­vers de com­mu­ni­ca­tions per­met­tant de croi­ser les sour­ces de deux ou plu­sieurs pays.

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