

Bosquet de l’Encelade : vue générale des fondations du berceau de treillage. 1995.
© Château de Versailles / Jean-Marc Manaï
Si quelques interventions réalisées dans le domaine de Versailles depuis le début du XXe siècle peuvent être qualifiées d’archéologiques dans la mesure où elles ont mis au jour des vestiges anciens, ce n’est qu’au cours des deux dernières décennies que l’on peut véritablement parler d’archéologie à Versailles.
En effet, avant 1990, on ne dénombre que quatre opérations. La première, au tout début du XXe siècle, avait un but purement historique : il s’agissait de retrouver les vestiges du Trianon de porcelaine, et en particulier des tessons de faïence. Les trois autres étaient en fait des opérations de terrassement, entreprises dans le cadre de travaux de restauration : réaménagement du bras sud du Grand Canal, en 1932, qui a mis au jour les restes du bassin rond situé entre ce bras et la Ménagerie ; terrassements dans la plaine Saint-Antoine, qui ont provoqué la découverte fortuite de tombes médiévales en 1960 ; projet avorté de restitution du bosquet des Trois fontaines, en 1980, qui a été l’occasion de dégager les vestiges de ce bosquet. Cependant, ces opérations n’ont été suivies d’aucun rapport de fouille et seules les deux premières ont été publiées dans la presse locale spécialisée.
La décennie 1990 s’ouvre sur le lancement d’une vaste politique de replantation du parc à la suite de la tempête du 3 février 1990. Cette replantation devait s’accompagner de la restitution des aménagements anciens que présentaient les bosquets à la mort de leur créateur, André Le Nôtre, en 1700. Cette démarche implique, en amont des travaux, une étude historique et archéologique poussée. L’opération archéologique a généralement lieu en deux temps : sondages lors de l’étude préalable et fouille de plus grande ampleur lors du démarrage des travaux. Depuis 1990, ce sont donc près d’une vingtaine de chantiers archéologiques qui ont été conduits sur le domaine de Versailles, la plupart dans les jardins à la française aménagés par Louis XIV devant le château. Quelques chantiers ont néanmoins été menés hors de cet espace, notamment dans la cour d’Honneur du château et dans le domaine de Trianon.
• 1990 : sondages dans le bosquet de l’Encelade.
• 1994 : fouilles des deux Quinconces, avant qu’ils ne soient remplacés par la restitution des bosquets de la Girandole et du Dauphin.
• 1995 : fouille générale du bosquet de l’Encelade.
• 1999 : sondages dans le bosquet des Trois Fontaines.
• 2001 : sondages de la Grille royale et fouille de la partie basse du bosquet des Trois Fontaines.
• 2002 : sondages dans les bosquets de l’Étoile et du Rond vert et fouille des deux systèmes de cascades du bosquet des Trois Fontaines.
• 2004 : sondages dans le corps de garde des gardes suisses, sous la cour d’Honneur, et fouille d’un bassin dans le jardin du pavillon de la Lanterne.
• 2006 : fouille de la Grille royale et sondages dans la moitié est du jardin du Pavillon frais de Trianon.
Voir article en ligne dans le Bulletin du Centre « Fouilles archéologiques de la Grille royale du château de Versailles » par Annick Heitzmann.
• 2007 : fouille générale de la moitié est du jardin du Pavillon frais.
• 2008 : sondages dans le bosquet de la Reine à la recherche de vestiges de l’ancien Labyrinthe ; travail de post-fouille sur le chantier de la Grille royale et du Pavillon frais. [Voir le document en téléchargement en fin de page pour plus de détails].
• 2009 : étude stratigraphique et parcelle ouest du jardin du Pavillon frais de Trianon.
• 2011 : fouille programmée du bosquet du Rond vert, ancien Théâtre d’Eau. Lire l’article sur ce sujet dans le Carnet du CRCV.
Parallèlement à ces chantiers réalisés par le château de Versailles, quelques opérations ont été menées par l’Institut national pour la recherche en archéologie préventive (INRAP). Deux diagnostics ont été réalisés en 2006 : l’un dans la Cour royale et l’autre dans la cour du Grand Commun. Cette dernière intervention a été suivie d’une fouille complète de la cour. Consulter la notice des diagnostics.
Pour toute information complémentaire : annick.heitzmann@chateauversailles.fr