

Grille royale : vue générale de la partie nord des maçonneries imbriquées de Le Vau et de Mansart. 2006.
© Château de Versailles / Jean-Marc Manaï
Avant 1990, l’activité archéologique dans le domaine de Versailles a été très limitée. Les seules interventions que l’on puisse signaler avant cette date sont :
• dans les toutes premières années du XXe siècle, des recherches aux alentours du Grand Trianon pour retrouver des vestiges du Trianon de Porcelaine, notamment récolter des tessons de faïence ;
• en 1932, dans le cadre du réaménagement du bras sud du Grand Canal, la fouille des restes du bassin rond situé entre ce bras et la Ménagerie ;
• dans les années 1950, la découverte de tombes mérovingiennes dans le Grand Parc, dans la plaine Saint-Antoine ;
• en 1980, le décaissement des cascades et du bassin octogonal du bosquet des Trois Fontaines, dans le cadre d’une étude pour la restitution de ce bosquet, qui n’avait pas alors abouti.
En ce qui concerne les opérations de 1932 et de 1980, si elles se rapprochent dans leur esprit des opérations postérieures à 1990 (menées dans le cadre de travaux ou d’étude en vue de la restitution de structures disparues), elles relevaient en fait plus d’opérations de terrassement que de chantiers archéologiques.
Depuis 1990, deux architectes en chef des Monuments historiques président aux travaux exécutés dans les bâtiments et le parc de Versailles. Leur nomination a coïncidé avec le lancement - notamment pour le parc, ravagé par la tempête du 3 février 1990 - d’une ambitieuse politique de restitution des aménagements anciens. Les restitutions sont réalisées au fur et à mesure des opportunités fournies par des mécènes et, en amont de chacune, sont menées des recherches historiques comprenant, chaque fois que cette démarche est pertinente, une intervention archéologique. Cette nouvelle politique a considérablement accéléré le rythme des chantiers, qui sont de deux types : sondages lors de l’étude préalable et fouilles de plus grande ampleur lors du démarrage des travaux.
Le site du château de Versailles est particulièrement bien documenté par les archives, de sorte que les vestiges fouillés sont attendus. Leur découverte précise l’implantation des substructures, généralement maçonnées, permettant d’asseoir les éléments restitués. Parfois, ces substructures sont conservées, servant de fondations aux maçonneries neuves. Parfois, elles ne peuvent être récupérées et sont remplacées par de nouvelles fondations. Dans ce dernier cas, les chantiers archéologiques font aussi office de fouilles de sauvetage. Outre l’utilité directe des fouilles pour les travaux de restitution, elles ont une implication plus large par les enseignements qu’elles apportent sur les techniques anciennes de construction.
Travaux menés depuis 1990 :
• 1990 : sondages dans le bosquet de l’Encelade.
• 1994 : fouilles des deux Quinconces, avant qu’ils ne soient remplacés par la restitution des bosquets de la Girandole et du Dauphin.
• 1995 : fouille générale du bosquet de l’Encelade.
• 1999 : sondages dans le bosquet des Trois Fontaines.
• 2001 : sondages de la Grille royale et fouille de la partie basse du bosquet des Trois Fontaines.
• 2002 : sondages dans les bosquets de l’Étoile et du Rond-Vert et fouille des deux systèmes de cascades du bosquet des Trois Fontaines.
• 2004 : sondages dans le corps de garde des gardes suisses, sous la cour d’Honneur, et fouille d’un bassin dans le jardin du pavillon de la Lanterne.
• 2006 : fouille de la Grille royale et sondages dans la moitié est du jardin du Pavillon frais de Trianon.
• 2007 : fouille générale de la moitié est du jardin du Pavillon frais.
• 2008 : sondages dans le bosquet de la Reine à la recherche de vestiges de l’ancien Labyrinthe ; travail de post-fouille sur le chantier de la Grille royale et du Pavillon frais.
• 2009 : sondages sur les parcelles est et ouest du jardin du Pavillon frais de Trianon.
Pour toute information complémentaire : annick.heitzmann@chateauversailles.fr