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Identités curiales et le mythe de Versailles en Europe : perceptions, adhésions et rejets (XVIIIe-XIXe siècles)

Durée : 2017-2019

Les cours « modernes » en Europe comportent des aspects institutionnels, sociaux, sociétaux, culturels, etc., concomitants de l’affirmation politique d’individualités émergeant, en accord ou en conflits, de collectivités exerçant solidairement le pouvoir pour capter à leur profit personnel l’exercice de l’autorité et développer au service de leur personne des procédés encomiastiques de nature diverse. Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les cours princières en Europe ne se réclament pas d’un paradigme unique. Il y a autant de cours que de maisons princières, que de types « nationaux », même si certaines, comme la cour de Bourgogne au XVe siècle, les cours d’Italie du nord et du centre aux XVe et XVIe siècles, proposent des modèles, exercent une influence d’une extrémité à l’autre de l’Europe tout en composant avec les caractères autochtones. La nouveauté est que dans l’Europe des XVIIIe et XIXe siècles, les cours princières se réfèrent à un modèle qui prend valeur d’archétype : Versailles. À partir des années 1680, lorsque Louis XIV fixe sa cour à Versailles, la cour de France est érigée en paradigme, envers lequel se positionnent toutes les autres. Ce système référentiel perdure pendant tout le XIXe siècle. Alors que Versailles a sombré avec la monarchie absolue héritière de Louis XIV en octobre 1789, son aura sort renforcée auprès des monarchies européennes qui se maintiennent, voire se multiplient, perdurant jusqu’à leur écroulement en 1918.

Ce modèle a une réalité : la cour de France dans sa configuration louis-quatorzienne. Mais cette configuration est en deçà du modèle qui sert de référence. Versailles est un mythe, élaboré certes par les Français, mais tout autant, voire davantage, par leurs compétiteurs européens. Il faut s’interroger sur ce phénomène : pourquoi Versailles est-il devenu la référence incontournable – ou non – des cours européennes ? La question est double :

  1. Quelles sont les composantes de ce mythe ? Comment définir cet archétype de cour posé comme idéal ? Quels ont été les agents, par quels procédés ce mythe a-t-il été élaboré ? L’interrogation dépasse très largement la sphère française, elle doit être posée à tous ceux qui en Europe édifièrent – ou non – le fantasme de Versailles.
  2. Quelle fut la réception de ce mythe, entre adoption, résistance et refus ?

La recherche peut s’ordonner selon cinq axes, par où pourrait se définir l’idée de « cour parfaite » telle qu’on la rencontre à Versailles : modèle d’organisation, le public/le privé dans la résidence, régner et gouverner en Europe, palais et démocratie, les rituels d’État et palais.

Équipe

Chef de projet  : Gérard Sabatier, professeur émérite de l’université de Grenoble II, président du comité scientifique du Centre de recherche du château de Versailles

  • Antonio Alvarez-Ossorio, Universidad Autónoma de Madrid,
  • Maciej Forycki, Uniwersytet Adam Mickiewicz, Poznań,
  • Mark Hengerer, Ludwig-Maximilians-Universität, Munich,
  • Jean-Marie Le Gall, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
  • Francine-Dominique Liechtenhan, Centre national de la recherche scientifique,
  • Philip Mansel, The Society for Court Studies,
  • Andrea Merlotti, Centro Studi La Venaria Reale,
  • Nicolas Morales, Casa de Velázquez, Madrid,
  • Thierry Sarmant, Service Historique de la Défense,
  • Jonathan Spangler, Manchester Metropolitan University.

Productions envisagées

  • Publications diverses,
  • Colloque « Le mythe de Versailles et l’Europe des cours, XVIIIe-XIXe siècles » (château de Versailles, fin 2020).
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