

Conférence par Chantal Grell organisée par le Centre de recherche du château de Versailles.
Louise-Marie de Gonzague, reine de Pologne (1645-1667), fut un pion essentiel sur l’échiquier politique européen. Pour Richelieu et Mazarin, son mariage, négocié de haute lutte, visait à contrer l’influence autrichienne en Pologne-Lituanie, l’État le plus vaste et le plus vulnérable d’Europe, qui était resté neutre pendant la guerre de Trente Ans. Cependant, la reine ne s’avéra pas être un instrument aussi docile qu’on l’avait espéré.
Exilée dans un pays étranger, cette femme pieuse, anxieuse mais courageuse, avide de pouvoir, fut confrontée à la tragédie d’une Pologne envahie et ruinée, minée par la cupidité de ses barons et par un pouvoir royal affaibli. Souhaitant agir comme il se doit, elle tenta en vain de transformer cette monarchie élective en monarchie héréditaire. Bien qu’elle fût haïe et fasse l’objet d’une damnatio memoriae, elle n’en a pas moins forgé une relation durable entre la France et la Pologne.
Conférence donnée à la suite de la publication de l’ouvrage Louise-Marie de Gonzague (1611-1667), reine de Pologne (Paris, Honoré Champion, 2024, 2 volumes, 1076 pages) auquel l’Académie des inscriptions et belles-lettres a décerné le Prix Gobert 2025.
Ancienne élève de l’École normale supérieure et agrégée d’histoire (1978), Chantal Grell a poursuivi ses études à Paris IV-Sorbonne, où elle a soutenu, sous la direction de Jean Meyer, une thèse de doctorat en 1984 puis un doctorat ès lettres en 1990. Chercheuse au CNRS de 1980 à 1992, elle a ensuite été titulaire de la chaire d’histoire moderne de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et directrice du Centre de recherche « État, Société et Religion, Moyen Âge – Temps modernes » (ESR), qu’elle a fondé. Elle est également membre du comité scientifique du Centre de recherche du château de Versailles.
Spécialiste du Grand Siècle et, plus largement, de l’âge classique européen, Chantal Grell a mené des recherches allant de l’Espagne à la Pologne, avec Versailles comme l’un de ses principaux centres de gravité. Ses travaux portent notamment sur l’historiographie et les usages politiques de l’histoire, la réception de l’Antiquité, l’histoire intellectuelle et culturelle, les cours européennes et l’histoire des sciences.
avec Christian Michel, L’École des princes ou Alexandre disgracié. Essai sur la mythologie monarchique de la France absolutiste, Paris, Les Belles Lettres, 1988.
L’Histoire entre érudition et philosophie. Étude sur la connaissance historique à l’âge des Lumières, Paris, PUF, 1993.
Avec C. Volpilhac-Auger, Nicolas Fréret, la critique et l’histoire ancienne, Oxford, Voltaire Foundation, 1994.
Le Dix-huitième siècle et l’Antiquité en France, 1680-1789, Oxford, Voltaire Foundation, 2 vol., 1995.
(dir.), Les Historiographes en Europe de la fin du Moyen Âge à la Révolution, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2006.
(dir.), Anne d’Autriche, infante espagnole et reine de France, CEEH, Perrin, 2009
Édition de la Correspondance de l’astronome Johannes Hevelius, Brepols, Turnhout, T. I (2014), II (2017), III (2020), V (2025).
Louise Marie de Gonzague (1611-1667), reine de Pologne. Passion et politique à la cour des Vasa, t. I, Le temps de l’attente ; t. II, Le temps de l’action, Paris, Honoré Champion, 2024.
La conférence se tiendra le jeudi 26 novembre 2026 à l’auditorium du château de Versailles (pavillon A, entrée latérale, 2e étage).
Ouverture prochaine des inscriptions.